La majorité des consommateurs s'interrogent rarement sur la provenance des animaux qui nourrissent l'industrie lucrative de la fourrure et se promènent ornés de manteaux de fourrure qui sont pour eux signe de luxe et de réussite. Ils ignorent pourtant le sort qui est réservé aux animaux qui sont victimes de cette industrie. Je peux vous assurer que la fourrure et le cuir sont loin de posséder le statut naturel qui leur sont accordés.

Avant d'être misent sur le marché, les peaux doivent d'abord passer par une panoplie de traitements et procédés chimiques des plus polluants pour notre environnement. De nombreuses compagnies de tannages et de production animale déversent leurs eaux usées dans les cours d'eau, polluant ainsi l'environnement. Les déchets des tanneries peuvent aussi être épandus sur la terre; ce qui réduit considérablement l'impact sur le milieu aquatique mais qui en échange vient polluer les sols. Les produits peuvent quand même se retrouver dans les lacs et rivières par lessivage et peuvent entraîner en fin de compte la contamination de l'eau potable.

Les principales sources d'approvisionnement de fourrures sont les élevages, piégeage et la chasse aux phoques.

L'élevage

Plusieurs millions d'animaux sont élevés dans des conditions abominables dans le but seul d'alimenter le marché de la fourrure. Des animaux sauvages tels : Renards, visons, chinchillas, lapins, etc. sont confinés dans de minuscules cages grillagées de 2 pieds par 2 pieds (parfois 1 pied par 3) et se retrouvent parfois plus de 4 par cages.

Leurs états de confinement extrême les portes à se mutiler et à développer des comportements psychotiques sévères. Les bêtes vivent jusqu'à une moyenne d'âge de 7 à 10 mois ou ils seront par la suite tués pour leurs manteaux. Les animaux sont gardés vivant jusqu'à ce que leur pelage ait atteint son maximum de beauté.
Les centaines de cages empilées se retrouvent la plus part du temps à l'extérieur ne protégeant aucunement les animaux contre le soleil ardent ou les intempéries, grands vents, neige, pluie, grêle etc. Pour ce qui est de l'euthanasie les méthodes les plus souvent utilisées sont : l'électrocution anale, l'asphyxie au monoxyde de carbone, l'injection intra-sternale de sulfate de nicotine et la méthode du casse noix qui consiste à briser les vertèbres du cou de l'animal à l'aide d'un appareil qui fonctionne un peu à la manière d'un casse noix.

La méthode la plus souvent utilisée est l'électrocution anale; une pince de métal est mise sur la gueule de l'animal et une tige de métal électrique est ensuite insérée dans l'anus de l'animal. Une décharge électrique lui est ensuite administrée lui faisant littéralement frire l'intérieur du corps. Suite à ce violent choc, le cœur arrête de battre, mais la mort n'est pas certaine et est souvent précédée de souffrances atroces pour l'animal. Il est fréquent que des animaux encore vivants, se
réveillent pendant qu'ils sont entrain de se faire retirer leurs fourrures.

Le piégeage

D'après des statistiques obtenues auprès de Benoît Ayotte du Clan des Loups d'Amérique du Nord (Organisme voué à la protection des loups), 98 % du territoire Québécois serait ouvert aux activités de piégeage et depuis 1984, il est permis de piéger dans les réserves fauniques. Le piégeage de 19 espèces animale, incluant le loup est autorisé sur 1 490 444 km2, soit plus de 98 % du territoire québécois.

Le piégeage est une autre façon d'alimenter l'industrie de la fourrure. Les trois pièges les plus fréquemment utilisés sont le collet, le piège à mâchoire et le piège Conibear. Lorsque prisonnier du piège, l'animal peut passer plusieurs heures à se débattre voir plusieurs semaines dans l'espoir de se libérer. Les animaux peuvent mourir de soif, de froid, de faim ou deviennent la proie de prédateurs qui viennent les manger directement dans le piège. Les pièges ont une telle force qu'ils brisent habituellement la patte de l'animal lorsqu'ils se referment. Les pièges peuvent fendre l'os en deux, déchirer ou écraser les muscles, tendons etc.

De nombreuses espèces tels : animaux domestiques, les aigles, buses, hiboux, faucons, corbeaux, canards, geais, oies, pics, porcs-épics, lièvres etc. se retrouvent eux aussi prisonniers des pièges malgré eux. Les chasseurs les surnomment les animaux poubelles et sont jetés dès leurs captures.

La richesse fut longtemps associée à la fourrure et continue malheureusement de l'être. Mais quel prix doivent payer les animaux pour que les biens nantis puissent être à la fine pointe de la mode? Connaissent-ils vraiment toute la souffrance et la négligence qui se retrouve dans la confection d'un seul de ces manteaux, sac, manchon etc.? Préfèrent-ils garder les yeux fermés?

Je suis consciente que la seule motivation derrière tout ce non-sens est LE PROFIT. «Le Conseil Canadien de la fourrure soutient que la valeur des exportations de gros de l'industrie a plus que doublé depuis 10 ans, passant de 143 millions $ en 1992 à 334 millions$ l'an dernier» Selon la Presse Canadienne, en 2002, l'industrie de la fourrure a engendrée à elle seule plus de 800 000 000 millions de dollars en une seule année et fait vivre plus de 80 000 trappeurs au Canada.

Présentement au Canada, plus de 340 espèces sont en péril dû aux activités humaines et à l'exploitation de toute sorte. L'industrie de la fourrure est sans aucun doute une forme d'exploitation qui met la vie de millions d'animaux en péril annuellement. Humanitaire en effet, je suis loin d'être naïve et refuse de me laisser endormir par des gens qui, jouant avec les mots, essaient de me convaincre que la chasse et le piégeage sont maintenant rendus ÉCOLOGIQUES et que les pièges utilisés sont HUMANITAIRES.

Il est facile de justifier nos actes en employant des mots.

Il devient donc de notre responsabilité d'éviter d'entrer dans ce jeu de consommation et d'exploitation qui tue à petit feu notre superbe planète.

Danielle Dubois
C.D.D.A



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