Parmi plus d'une trentaine d'espèce de phoques existant sur notre belle planète, six d'entre elles se retrouvent dans nos eaux de l'Atlantique Nord et sont chassées pour leur magnifique fourrure, viande, nageoires, huile ainsi que pour la vertu aphrodisiaque de leurs organes génitaux.

Le 3 février 2003, le Ministre Robert Thibault annonçait un nouveau plan de gestion pour la chasse aux phoques qui en fit sursauter plus d'un. Pour le phoque du Groenland, le TAC est de 975 000 phoques sur trois ans avec un TAC annuel de 350 000 pour deux des trois ans, ne dépassant pas le nombre de 275 000 la troisième année. Le TAC pour le phoque à capuchon restera tant qu'à lui, fixé à 10 000 par an et sa chasse demeurera interdite dans le Golfe du St-Laurent.

En ce qui concerne le phoque annelé, le phoque commun et le phoque barbu, le Ministre Thibault n'a donné ni TAC ni allocations pour ces espèces, car d'après Pêches et Océans Canada, les permis et les licences servent à contrôler toute chasse commerciale de ses phoques. Contradictoire! Vous ne croyez pas? Lorsque nous pouvons voir le nom du phoque commun (phoca vitulina), apparaître sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées, vulnérables et en péril. (fapaq)

En ce qui concerne le phoque gris, le ministre autorisera une chasse de faible étendue en dehors des régions de l'île du sable; espèce qui est d'ailleurs vulnérable en France et protégée en Europe par la Directive Habitats et la Convention de Berne. Si le TAC de 975 000 phoques est capturé au complet pendant ces trois ans, il est estimé que la population de Phoques du Groenland baisserait pour se situer au environ de 4,7 millions d'ici 2006.

Depuis la diminution des stocks de Morue en 1992, ce sont évidemment les phoques qui furent pointés du doigt et tenus responsable de cette baisse. D'après David Loan de (IFWA), la surpêche humaine serait la cause de la baisse de la morue au pays et le gouvernement tenterait de masquer sa propre mauvaise gestion de la pêche, en blâmant les phoques pour les dommages causés.

« Toute l'information disponible suggère que les phoques du Groenland n'ont pas contribué à l'effondrement des stocks de morues du nord, ou des autres poissons de fonds, sur la côte est du Canada. Même si un bon nombre d'autres facteurs peuvent avoir contribué à leur déclin, il est clair que la surpêche est la grande responsable. » Exposé technique no. 93-01 International Marine Mammal Association inc.
Malgré l'interdiction de chasser le phoque du Groenland au stade de blanchon ainsi que le phoque à capuchon au stade de dos bleu, nombreux sont les chasseurs qui continuent de tuer des petits bébés phoques avant qu'ils ne perdent leur magnifique manteau blanc. Les blanchons sont habituellement tués entre l'âge de 10 à 14 jours avant même, qu'ils soient sevrés. En 1996, 22 800 jeunes phoques à capuchon (jeune à dos bleu) furent capturés en quelques jours par des chasseurs qui ne détenaient aucun permis. Seulement 1% d'entre eux détenait un permis en règle et plus de 100 accusations furent portées.

Lors de la chasse, les bêtes sont généralement tuées à l'aide d'un gourdin de bois dur ou un hakapik; instrument composé d'un embout métallique légèrement courbé qui est fixé à une hampe de bois. Les chasseurs peuvent aussi utiliser une carabine ou un fusil de chasse pour abattre les phoques. Les chasseurs frappent violemment les phoques sur la tête à l'aide du bâton les laissant parfois les phoques à l'agonie.

En mars 2001, la IFAW envoya une équipe de 6 vétérinaires indépendants observer un groupe de chasseurs de phoques au travail à l'Île du Prince Édouard et pratiquer des examens post-mortem sur 76 carcasses de phoques écorchés lors de cette chasse. Un compte rendu des enregistrements vidéo filmés par les vétérinaires ainsi que des examens post mortem, démontre que sur 76 carcasses de phoques écorchés, 42% d'entre elles ne portèrent aucune ou faibles lésions (crâne intact), laissant croire aux vétérinaires que les bêtes étaient encore conscientes lorsqu'elles furent écorchées et que 58% des animaux portaient des lésions ou fractures sévères.

Il est évident que les lois existantes ne sont ni respectées, ni renforcées et qu'il existe un besoin criant de réduire la souffrance et la négligence qui est engendrée par la chasse aux phoques, en faisant en sorte que les réglementations soient respectées. L'exploitation abusive d'une seule espèce peut devenir un danger considérable et avoir des conséquences imprévues sur notre écosystème. L'industrie de la fourrure est sans aucun doute une forme d'exploitation qui met la vie de millions d'animaux en péril chaque année et qui ouvre la porte à des souffrances atroces pour les animaux qui en sont victimes.



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