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Animaleries
: un milieu cruel
Par Danielle Dubois
Lapresse
16 mars 2003
L'industrie
des animaux de compagnie est devenue une des industries les plus
lucratives qui soit, mettant ainsi en péril la vie de millions
d'animaux quotidiennement. Après plus de 8 ans de travail
à titre d'animalière dans plusieurs animaleries des
Laurentides ainsi que responsable du département des oiseaux,
j'ai décidé sans hésitation après toutes
ces années, de quitter ce milieu cruel des animaleries qui
m'a déçu au plus haut point.
Je
n'en pouvais tout simplement plus de vendre des articles absolument
inutiles et des animaux malades à des clients qui entraient
dans l'animalerie et qui posaient sur moi leur confiance totale.
Mon intégrité comme personne était touchée
et tout ce cirque devait cesser. Étant responsable du département
des oiseaux, j'étais outrée de voir les clients quitter
l'animalerie mal informés par les commis, et qui ne donnaient
à leurs oiseaux qu'une minuscule cage, de l'eau et que du
grain en guise de nourriture. Je devais renseigner les propriétaires
d'oiseaux sur l'importance de recréer le plus possible en
captivité, l'habitat naturel des oiseaux et l'importance
de leur fournir une saine alimentation.
J'ai
donc décidé d'écrire un livre sur le sujet
qui fut publié aux éditions Québecor en août
2002. C'était pour moi la seule façon de rejoindre
les propriétaires d'oiseaux et de leur faire comprendre l'importance
et la responsabilité d'adopter un animal. J'avais cependant
un sentiment de frustration et la conviction certaine que tout ce
cirque devait cesser. Je devais absolument dénoncer et informer
les clients d'animaleries de toute l'horreur, la cruauté
et les mensonges engendrés par cette industrie lucrative.
La
négligence et la cruauté dans les boutiques d'animaux
sont tels au Québec que si un journaliste avait la chance
d'y passer quelques jours et de filmer ce qui s'y passe, je peux
vous affirmer qu'un nouveau scandale verrait le jour dans notre
belle province. J'ai assisté à des euthanasies maison,
des traitements vétérinaires improvisés par
les animaliers, des dislocations et luxations cervicales, des noyades,
des congélations d'animaux vivants et malades etc.
Les
petits chiots qui y étaient vendus provenaient d'usines à
chiots et étaient majoritairement trop jeunes ou malades
pour être vendus. Je les voyais donc mourir devant mes yeux
quotidiennement et être la victime de traitements maison qui
les laissaient dans des états lamentables. Généralement,
les propriétaires d'animaleries refusent d'investir dans
la santé de leurs animaux et évitent les frais vétérinaires
qu'ils considèrent trop onéreux.
Les
animaux deviennent donc victimes du profit recherché pas
les propriétaires de boutiques d'animaux et souffrent en
silence. Les animaux ne sont rien de plus pour eux que de la vulgaire
marchandise et source de revenu. À chaque années des
centaines de millions d'animaux sont victimes de cette industrie
lucrative et tout cette folie doit cesser. Je suis entrée
dans le secteur animalier remplie de bonnes intentions et en suis
ressortie le coeur rempli de chagrin pour tous ces animaux qui sont
laissés à eux-même et qui souffrent en silence
derrière les vitrines de nos animaleries du Québec.
J'ai
donc décidé depuis ce jour de défendre la cause
animale et de dénoncer ce qui se passe au pays en terme de
cruauté. Il se cache derrière les vitrines d'animaleries
tellement de cruauté que ca me donne envie de vomir. Lorsque
je regarde les humains agir, un sentiment de honte monte en moi.
Sommes-nous à ce point engourdi mentalement pour laisser
faire de telles atrocités ? D'où vient cette indifférence
à la violence ?
Chaque
personne a droit à son opinion et j'ai toujours respecté
l'opinion des autres. Mais la liberté de parole n'inclut
pas nécessairement la liberté d'action si la souffrance
est le fruit qui en découle. Les lois en ce qui concerne
la protection et la sécurité des animaux sont aux
minimum dans ce pays et les lois doivent être revues et appliquées.
Je continuerai alors de me battre pour que la cause animale soit
entendue, car la souffrance c'est la souffrance, que vous soyez
noir, blanc, jaune, chien, chat, singe.
Danielle
Dubois
C.D.D.A
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